Doit on cultiver l'ignorance ou le maraicher dans les cités ?

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Les jardins de la Comète : 5 ans déjà
Mais c'est fini : ne pouvant lutter seule face à l'ignorance érigée en doctrine sourde à la cité saint Denis à Ploubazlanec, j'ai décidé de raser les jardins de la Comète :
- Puisque " la nature c'est sale et qu'il y a des bêtes dedans " d'après ceux qui disent que "c'était mieux de not' temps", je laisse l'éducation populaire en cité à d'autres...
- Puisque même la mairie au travers de ses agents communaux s'est fixé un vaste programme écologique : " rendre la nature propre "... Descartes doit se mordre les doigts et on peut s’inquiéter de ce qu'ils ont réellement compris de l'expression greenwashing.

Face à l'urgence sociale et écologique, nous avons cru pouvoir tenter autre chose, tester les principes de la permaculture sur un carré de pelouse, montrer les bénéfices de cette association de l'homme et de la nature, mais c'était sans compter sur le besoin de contrôle des ignorants et leur besoin de tout critiquer; ils ont encore beaucoup trop à perdre. Ils s'accrochent à des connaissances obsolètes. On pouvait espérer la fin du modèle cartésien où la nature est un objet au service de l'homme et les territoires sont des spécialités économiques, mais c'est sans compter sur le ressort des habitudes populaires à stériliser les esprits et les terres. Ils ne lisent pas, ils ne s'informent pas. Tout au plus attendent ils que les médias leur livrent leur bouilli culturel quotidienne afin d'alimenter leurs rumeurs journalières.

Rien n'est plus faux que l'injonction suivante : On a toujours fait comme cela et jusqu'ici ça a marché... Pourquoi changerait on en effet, après avoir dévasté 50% de la planète et engendré l'extinction de 75% des espèces ? mais ils ont toujours aucune responsabilité dans les changements climatiques qui ont commencé, puisque ça ne se voit pas tant que ça, parce que jusqu'ici c'est supportable... Scier l'arbre qui nous permet de vivre est une aberration schizophrène. Forcer les individus à collaborer à la destruction du logis est délirant. M'imposer de ruiner les chances de survie de leurs petits-enfants est criminel. On leur explique les méthodes et les conséquences, on leur offre les alternatives, les origines, les raisons, on le fait même sans rien leur demander en retour; on leur donne la documentation, les liens internet et youtube, mais rien ne trouve grâce à leurs yeux. Pas même les résultats probants obtenus et le partage de graines libres que l'un deux à dévalisé à ses seuls fins.

Ils ne comprendront que quand ils auront tout détruit (ce qui prouve que je reste optimiste). Mais ceux qui sont la tête dans le sable ne peuvent entendre que leur vision du beau et du propre est basée sur une politique industrielle militarisée (le taylorisme). Ils ne veulent pas plus entendre que cette vision standardisée est celle-là même qui détruit la biodiversité des biotopes, dans lesquels ils aiment se promener en famille, en s'extasiant de la beauté créatrice de la nature sans intervention humaine. C'est aussi celle qui structure leur raisonnement, l'appauvrissant de toute inventivité, de toute autonomie.

Mais il faut enlever ces potagers bio car "les plantes brulées c'est moche" ; mais ont ils rempli les oyas une seule fois pendant l'été ? Ils faut les enlever car les bêtes s'y réfugient. Cette information est particulièrement douteuse, en raison de la présence de prédateurs (chats, renards, chouettes, etc) dans l'environnement proche, mais aussi de plante répulsive tels que la menthe. Cette rumeur, si elle n'est pas avérée actuellement, est plutôt alarmante, puisque cela laisserait croire qu'ils n'ont plus d'autres lieux où aller lors du réchauffement climatique en 2020, mais ce raisonnement est beaucoup trop poussé pour les habitants de la cité. Leur affirmation est surtout destinée à nuire. Et le manque de soutien montre qu'il l'est même pour toute la presqu'île de l'Arcouest et la mairie de Ploubazlanec. C'est comme vouloir leur expliquer la nécessité de la biodiversité pour leur survie, alors qu'ils achètent les mêmes produits dans les mêmes magasins depuis 50 ans... L'habitude leur donne raison, selon eux. Je ne peux le dire plus clairement : les abeilles et les bourdons ne butinent ni les bitumes ni les pelouses.

Cette aventure, au delà de l'expérimentation de la permaculture, m'a permis au final de comprendre bien des choses telles que les raisons pour lesquels l'environnement des cités n'était que très rarement amélioré et pourquoi je n'y étais pas ou plus à ma place. Cela permet aux uns de se plaindre que rien n'est fait pour eux, et aux autres que les habitants ne font rien pour eux-mêmes. Je suis l'exception qui confirme la règle, l'ennemie désignée de ces deux camps. L'inaction politique trouve ses sources sur les pelouses grillées des cités, où qu'elles soient. Pour ma part cela m'a donné aussi une compréhension nouvelle de la notion de propriété, permettant de limiter les capacités de nuisance d'autrui, ainsi qu'une nouvelle approche du mythe de Circé.... mais est ce bien un mythe ?...

Les enjeux de l'effondrement à venir ne sont pas enseignables à des humains qui veulent garder leur confort de vie consumériste, leurs pouvoirs économiques ou politiques. Le Covid19 n'a pas permis le changement d'attitude attendu, car une génération de français n'a pas fait le lien de causalité. Le fait de voir de plus en plus souvent des cétacés à proximité de structures humaines est la demonstration du redéveloppement du vivant, selon eux. Ils me font penser à des autruches la tête dans le sable, niant la réalité en sacrifiant leur progéniture. Pourtant c'est pas faute d'avoir proposé des solutions depuis 30 ans aux Edouard Leclerc de la planète, Aux Carlos Goshn de l'industrie préférant la flagornerie et la fatuité. Tout comme au Vénézuela, la réalité va rattraper les français avec le chaos civil qui les obligera à sortir de leur torpeur sécuritaire. J'ai une confiance immodérée en la bêtise humaine, qui a fait ses preuves au cours de l'Histoire.

Ce n'est pas la première fois qu'une civilisation s'effondre avec des relents d'autoritarisme sécuritaire. Mais nous comprenons aujourd'hui le poids de l'ignorance dans l'inaction des populations lors de ces évènements. Or il ne peut y avoir un groupe qui s'en sorte mieux qu'un autre sans violence. Il n'y aura pas d'individualisme qui y survivra. Chaque soubresaut communautariste en sont les signes avant coureur. Les discours politiques abscons en sont la preuve. En attendant, ces carrés potagers vont retourner à une pelouse bas de gamme, uniformisée, sans vie et "propre", pour ne pas dire aseptisé. La terre pourra à nouveau se dévitaliser, s’assécher et mourir, dans l'indifférence et l'abrutissement général. Juste après sera notre tour.
Pour l'instant je cherche lieu ou retrouver autonomie et sérénité, pour accroitre mon expérience en permaculture.

"Mais faut arrêter avec cette histoire de climat, la nature va pas si mal que ça, il y a encore du vert là"...


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1 - chaque parcelle fait 200cm par 100cm et il y avait 4 parcelles : une traditionnelle, une avec un apport de terreau, une avec un apport de bois fragmenté et de terreau, et la dernière avec du terreau, du bois fragmenté et des dechets verts. Il a fallut ramener 4 sacs de terreau par parcelle. Sur 5 ans, il a représenté un investissement de 500€, que j'ai financé seul avec mon R.S.A.

2 - la parcelle traditionnelle servait de potager. La seconde parcelle mixait fraisier, groseille, salade et tomate. La troisième parcelle mixait fraisiers, framboisiers, groseilles, menthes. La dernière parcelle mixait plus de 10 plantes médicinales. Dès la 2 seconde année j'ai commencé à récolter 2 kilos, puis 4 kilos, etc, Bien que la production n'était pas notre objectif.

3 - Les cultures s'appuyaient sur les principes de la permaculture tels que aucun intrant chimique, la diversité des associations de plants, minimiser l'intervention humaine au plus strict minimum, limiter l'arrosage en utilisant des oyas, ne pas briser les biotopes en évitant de travailler la terre manuellement, etc...

4 - Il a fallut 3 ans pour que la terre de remblais se revitalise et que des animaux y apparaissent tels que salamandre, crapaud, abeilles et bourdons, etc... Je n'ai utilisé que du bicarbonate avec parcimonie pour rééquilibrer mon sol. Le plus gros soucis a été les limaces qui sont peu partageuses (ne pouvant intégrer de canards) et mes voisins qui n'acceptaient pas que je ne fasse pas comme eux savaient le faire ou que ces parcelles ne correspondent pas à leur idée du jardin (sol nu, plants parfaitement alignés et triés par catégorie, etc...). La pression sociale du groupe est sans doute la chose la plus violente qu'il m'a été donné de vivre : l'obligation d'obéir à des croyances erronées.

5 - je tiens à préciser que parmi ces voisins il n'y a aucun noir, roms ou arabe sur lesquels faire reposer les responsabilités de cet échec. Il n'y a que des bretons, des français, bien blancs à la retraite à qui ont a expliqué les principes de nos actions mais qui par ignorance et/ou jalousie ont préféré nuire à ce projet en imposant leur critiques et injonctions, démontrant que les français n'ont nul besoin de boucs-émissaires pour créer leurs problèmes. Ils confondent la critique avec l'esprit-critique et l'habitude avec le savoir. Ils sont les mêmes qui prétendent que les "autres" ne veulent plus rien faire, ne veulent plus travailler. Mais on ne doit pas critiquer nos anciens ; ils sont nos parents ; nous leur devons le respect. Mais quel respect ont ils de leurs enfants ?

6 - Cela ne veut pas dire que c'est la même chose dans toutes les cités... Cette expérience peut être reproduite dans n'importe quel cité. Il suffit de s'accaparer un carré de pelouse, le piquer, l'enrichir et d'y planter quelque chose, de préférence utile à la communauté. Quand j'ai commencé cette expérience, je n'y connaissais rien, je prétendais même détester le travail de la terre.

7 - autre experience ailleurs : https://leterrien.fr/consternant/laissez-pousser-lherbe-bordel/?fbclid=IwAR2bRsb12A17H6tTFXU3k_PJNn9Mi9wODeN9tiGDyjZiAfvcc7VsQ3w9c2Y